SEP ET AUTRES ALD ET SPORT SUR ORDONNANCE … OU EN SOMMES NOUS ?

Depuis le mercredi 1er mars, les médecins peuvent prescrire de l’activité physique à leurs patients souffrant d’une affection de longue durée. Soit de 10 à 11 millions de Français atteints par l’une des quelque trente maladies concernées (diabète, maladie de Parkinson, cancer, etc). C’est un grand pas, dans un pays qui figure parmi les plus gros consommateurs de médicaments en Europe. L’annonce avait été faite le 30 décembre 2016 lors de la parution du décret de la loi de santé de janvier 2016.

Problème : si tous les acteurs se félicitent de la reconnaissance de cette thérapeutique dont l’efficacité n’est plus à prouver, ils en soulignent les limites. En effet, ces activités physiques ne seront pas prises en charge par l’Assurance-maladie.

Or, « si l’on veut que cela fonctionne, il faut un système organisé et financé », comme le souligne le docteur Alexandre Feltz, adjoint à la santé à la mairie de Strasbourg, qui a mis en place le sport sur ordonnance dans sa ville. Concrètement, aujourd’hui, « si les collectivités locales ou l’Etat ne prennent pas en charge, le patient devra payer de sa poche, le risque étant d’accroître les inégalités sociales de santé, c’est inacceptable », insiste-t-il.

Concrètement, pour prescrire ces activités physiques, le médecin devra remplir un formulaire spécifique, et pas une ordonnance. Il devra évaluer l’état de santé des patients et les orienter vers les acteurs identifiés par le décret : éducateurs sportifs, kinésithérapeutes, psychométriciens ou ergothérapeutes… « Avec l’accord des patients, l’intervenant transmet périodiquement un compte rendu sur le déroulement de l’activité physique adaptée au médecin prescripteur », souligne le décret.

Une évaluation qui devrait être simplifiée, à la suite de la demande de médecins, notamment du syndicat MG France, mais qui restera chronophage pour les praticiens. De plus, « la question du réseau de correspondants est posée, c’est-à-dire à qui on adresse le patient, souligne le docteur Yannick Schmitt, président du syndicat des jeunes médecins généralistes d’Alsace (AGJIR). Si on se félicite de pouvoir prescrire du sport sur ordonnance, sa mise en application reste une usine à gaz. » Même écho du côté de Jean Marc-Descotes, cofondateur de la fédération CAMI sport et cancer, qui regrette aussi l’absence de financements.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *